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Système de soins oculaires complets

La stratégie de l’OPC s’oppose à la logique d’assistanat. Un de ses principaux objectifs de santé publique est de rendre autonomes les populations les plus démunies face aux problèmes de déficience visuelle et de perte de vue, parfois synonymes de "mort sociale" et d’extrême pauvreté.

En collaboration avec les ministères de la santé et les universités des pays concernés, l’OPC forme des personnels de santé en ophtalmologie résidant dans les pays partenaires, assure la formation continue, fournit le matériel opératoire, les consommables et les véhicules 4x4 qui permettent de soigner les villageois les plus isolés.


Jean-François Ceccon, ancien directeur des programmes de l’OPC évoque les objectifs de développement dans le domaine de la santé publique oculaire.


Le système de soins oculaires complets proposé par les programmes soutenus par l’OPC comporte deux composantes (la première dite "horizontale" intégrée au niveau communautaire, la seconde dite "verticale" plus médicale) coordonnées par le programme de lutte contre la cécité.

Le système est étagé sur trois niveaux :

  • 1er niveau : les soins oculaires primaires ;
  • 2ème niveau : les soins oculaires secondaires ;
  • 3ème niveau : les soins oculaires tertiaires.

Modèle de mise en place de soins occulaires complet

Les "soins oculaires primaires" s’inscrivent dans une approche "horizontale" : celle des soins de santé primaires.

Au niveau des communautés villageoises, le système de soins de santé primaires développe les huit composantes suivantes :

- l’éducation pour la santé ;
- l’assainissement du milieu ;
- la pratique de la vaccination au niveau communautaire ;
- la promotion d’une nutrition équilibrée ;
- la reconnaissance et la mise en œuvre de certains traitements appropriés ;
- la fourniture de médicaments essentiels ;
- la prévention maternelle et infantile ;
- la participation communautaire à la lutte contre les maladies transmissibles et/ou endémiques.

Dans ce cadre, ‘’les soins oculaires primaires’’ dispensés, par des agents de santé communautaire, sont de trois ordres :

1. Celui de la promotion comprend (une ou plusieurs) des composantes suivantes :

- sécurité au travail (surtout en milieu rural) ;
- hygiène individuelle (mains et visage) et collective (assainissement du milieu et traitements des déchets organiques) ;
- promotion de la vaccination anti-rougeoleuse ;
- plaidoyer pour l’allaitement maternel et l’amélioration des pratiques de sevrage ;
- promotion d’une alimentation riche en précurseurs de la vitamine A (fruits rouges et feuilles vertes).

2. Celui de la prévention comprend (une ou plusieurs) des composantes suivantes :

- prévention de la conjonctivite néo-natale ;
- prévention des complications cécitantes de l’onchocercose (ou "cécité des rivières") traitement précoce du trachome et prévention de ses complications ;
- prévention de la carence en vitamine A ;
- prévention de l’échec scolaire par le dépistage et la correction des vices de réfraction ;

Les actions de promotion et de prévention sont mises en œuvre progressivement et assurées par des agents de santé communautaire formés par l’OPC.

3. Celui des soins oculaires précoces à administrer aux patients atteints de conjonctivite comme celui de l’encadrement du transfert vers des ‘’centres de soins oculaires secondaires’’, dans les meilleures conditions d’acheminement, des patients présentant toutes autres pathologies oculaires. En effet, les actions des agents de santé communautaires permettent également de dépister les personnes souffrant de cataracte, qui représente la première cause de cécité dans les pays les plus démunis.

Les personnes détectées au niveau villageois sont soit :

- orientées vers des centres de santé disposant d’un bloc opératoire (le plus souvent équipé par l’OPC) si le temps mis pour l’atteindre n’excède pas une demi-journée de voyage ;
- regroupées pour bénéficier des actes chirurgicaux nécessaires qui sont alors dispensés par une unité mobile de chirurgie oculaire si le temps nécessaire pour rejoindre le centre de santé le plus proche est supérieur à une demi- journée de voyage.

Les centres de ‘’soins oculaires secondaires’’ et les équipes mobiles sont mis en œuvre par des infirmiers spécialistes en ophtalmologie (beaucoup d’entre eux sont formés par l’OPC) ou par des ophtalmologistes. C’est à ce niveau que la plupart des traumatismes oculaires (fréquents et graves) sont pris en charge, ainsi que les complications du trachome.

Lorsque des soins de qualité ne peuvent être dispensés à ce niveau d’intervention intermédiaire, il est fait appel au centre hospitalier universitaire où se trouve le service d’ophtalmologie de référence (qui dispense des ‘’soins oculaires tertiaires’’, c’est-à-dire ceux qui posent le plus de problèmes diagnostiques ou nécessitent le plus de compétences ou d’équipements onéreux. Lorsque le besoin s’en fait sentir, l’OPC participe aux efforts d’équipement de tels services.

L’OPC s’attache à ce que ce modèle de ‘’soins oculaires complets’’ fonctionne avec les professionnels de santé des pays concernés (ophtalmologistes et infirmiers spécialistes en ophtalmologie) et offre des prestations de qualité à chaque niveau d’intervention. C’est pourquoi l’OPC propose en parallèle des actions de formation continue destinées à lutter contre l’isolement professionnel. La mise à jour d’un annuaire qui regroupe les membres d’un réseau d’entraide pour la santé oculaire (RESO) procède de la même volonté. Ce réseau permet aux ophtalmologistes ‘’de terrain’’ de disposer de référents sélectionnés pour leurs compétences dans chacun des secteurs de la lutte contre la cécité.

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