Système de soins oculaires complets

Par système de soins oculaires complets, on entend la combinaison de l’examen de l’œil d’un patient suivi de services additionnels sur la vision telle que : la promotion de la santé oculaire, la prévention, le diagnostic et traitement de toutes les maladies oculaires pertinentes ainsi que la réhabilitation et l’inclusion sociale de patients dont la cécité ou la basse vision sont irréversibles.

À travers la mise en place de systèmes de soins oculaires complets, l’OPC apporte dans un premier temps son expertise pour dresser un état des lieux et quantifier les besoins.
L’OPC va ensuite trouver les ressources nécessaires afin d’organiser la formation des personnels de santé en ophtalmologie résidant dans les pays partenaires, gérer la formation continue, fournir les équipements, les consommables et les véhicules qui permettent de soigner les villageois les plus isolés.

Enfin, l’OPC va installer des mécanismes de pérennisation des activités, évaluer l’ensemble du programme et apporter les corrections ou améliorations nécessaires. L’OPC aide au fonctionnement et à la mise en place de systèmes de soins oculaires complets permettant aux pays partenaires d’être autonomes.

À la base d’un système de soins oculaires complets on trouve la formation en cascade prémisse de l’établissement d’un système de référence du patient : l’ophtalmologiste forme les techniciens supérieurs en ophtalmologie (TSO) puis les TSO forment les agents de santé communautaire. L’OPC apporte ensuite les équipements nécessaires et permet la formation de médecins locaux (formation des formateurs, recyclage et formation sur les équipements).

Pour pouvoir accéder aux soins, chaque patient doit apporter une participation, ce qui permet le fonctionnement et la pérennité du système.

Ce système comporte trois niveaux :



1er niveau (Soins primaires) : Communauté villageoise
À ce niveau, des agents communautaires de santé sont en charge du dépistage afin de permettre le diagnostic précoce du patient, la prévention (prévention contre les maladies qui peuvent contaminer les nouveau-nés et contre les maladies liées à la vision) et la sensibilisation (apprentissage de l’hygiène, promotion d’un examen oculaire annuel des patients diabétiques…).
Après un premier diagnostic, les agents communautaires vont pouvoir apporter les soins primaires aux patients atteints de maladie telle que les blessures ou la conjonctivite ou orienter le patient aux soins secondaires pour un diagnostic plus approfondi ou une opération de la cataracte.

2ème niveau (Soins secondaires) : Centre de santé
À ce niveau, les Techniciens Supérieurs en Ophtalmologie (TSO) posent le diagnostic, apportent les premiers soins nécessaires au patient ou pratiquent une opération légère comme celle du trichiasis trachomateux. Le centre de santé dispose d’un bloc opératoire et donc la majorité des cas peut être soignée à ce niveau.
Si le diagnostic établi ne peut être pris en charge au centre de santé, le TSO pourra référer le patient atteint de cataracte ou deglaucome vers l’hôpital de district ou régional selon les cas. En effet, les centres hospitaliers, situé au niveau 3, disposent d’ophtalmologistes formés qui pourront prendre en charge le patient.
Le système de référence concerne aussi les médecins généralistes qui, une fois formés, sont appelés à référer tout patient diabétique vers un ophtalmologiste en vue de la prévention de la rétinopathie diabétique.

3ème niveau (Soins tertiaires) : Hôpital
À ce niveau, et qu’il soit régional ou de district, l’hôpital dispose d’ophtalmologistes qui vont opérer les patients dont les soins ne pouvaient pas être apportés aux niveaux précédents. Une fois opérés avec succès, l’ophtalmologiste renvoi alors les patients vers les niveaux inférieurs pour le suivi post-opératoire complet.
Si le patient présente un cas difficile qui pour une raison ou un autre – manque d’équipement adéquat par exemple – le patient est alors référé vers le niveau national de référence qui concentre les spécialistes nationaux en ophtalmologie.

Unité mobile de chirurgie oculaire
Pour prendre en charge les populations isolées et marginalisées en leur offrant des soins de qualité, l’OPC encourage le développement de la stratégie mobile appelée Unité mobile de chirurgie oculaire.
Cette unité mobile est constituée d’une équipe chirurgicale composée d’un ophtalmologiste, d’un TSO et d’un chauffeur. Cette équipe rejoint les centres de santé isolés (situés en "bout de piste") dans des conditions souvent extrêmes. Le véhicule embarque un bloc opératoire fonctionnel composé d’un microscope opératoire transportable et tous les consommables médicaux nécessaires.

Grâce à cette unité mobile, le TSO et les ophtalmologistes pourront se déplacer et apporter les soins nécessaires dans la communauté villageoise et dans les centres de santé, mais aussi référer ceux qui nécessitent une intervention plus délicate.

Les fondamentaux de l’intervention de l’OPC
L’OPC s’oppose à l’assistanat et s’attache à ce que ses programmes soient mis en œuvre par les professionnels de santé des pays partenaires.
L’OPC ambitionne de fournir le cheminement le plus court et des soins de qualité aux patients de la détection au traitement curatif.
L’OPC vérifie qu’à chaque niveau d’intervention les soins apportés soient de qualité.
L’OPC assure le suivi de la mise en œuvre des programmes avec la société civile des pays partenaires.
L’OPC et la société civile des pays partenaires s’assurent de la bonne utilisation des fonds.
L’OPC ambitionne de responsabiliser et fixer les ressources humaines spécialisées, de rationaliser les coûts et de pérenniser les activités.
L’OPC soumet ses programmes à des évaluations en présence des bailleurs, des ministères de la santé, de la société civile et de l’OMS.
L’OPC fait vérifier ses comptes tous les ans en toute transparence.